Le bilan micronutritionnel ou sanguin est une question qui revient souvent en consultation.
La fatigue, les troubles digestifs, le stress chronique, la difficulté à récupérer ou l’impression de “faire tout juste” sans aller mieux poussent souvent à chercher des réponses rapides.
Ma réponse n’est pourtant presque jamais : « Oui, on commence par un bilan. »
Ma façon de travailler : commencer par les bases
Dans ma pratique, je commence toujours par ce qui a le plus d’impact au quotidien :
- l’alimentation au quotidien, manger sainement
- le rythme des repas,
- le mouvement et l’activité physique,
- le sommeil,
- la charge mentale et la récupération.
Ces éléments ne doivent pas passer au second plan. Ils doivent être à la base de votre hygiène de vie. Ils influencent directement la glycémie, l’inflammation, le système nerveux, l’équilibre hormonal et la capacité d’adaptation du corps.
Le sport en est un bon exemple. Lorsqu’il est régulier et adapté, il améliore l’énergie, l’humeur, le sommeil et la récupération. Beaucoup de personnes se sentent déjà nettement mieux simplement en travaillant ces bases.
C’est pour cette raison que je ne commence pas par un bilan.
Le bilan vient après, lorsque les fondations sont posées mais que quelque chose reste bloqué.
À quoi sert réellement un bilan micronutritionnel ?
Un bilan micronutritionnel n’est pas un diagnostic médical. Il n’a pas vocation à “tout expliquer”.
Il sert à objectiver certaines choses, dans un contexte précis, par exemple :
- des carences ou insuffisances fréquentes,
- des déséquilibres simples,
- des signes compatibles avec un stress chronique ou des troubles digestifs à répétition
Dans certains cas, il peut aussi avoir un intérêt préventif, notamment chez des personnes très sportives oui qui cherchent à optimiser leur santé.
L’objectif reste toujours le même : aider à orienter les décisions, confirmer une hypothèse ou parfois rassurer et ne rien ajouter.
Quels examens simples pour commencer ?
Il n’existe pas de bilan “standard”.
Les examens doivent toujours être choisis en fonction de la personne, de ses symptômes et de son mode de vie.
Quand un bilan est pertinent, je privilégie une logique de première intention :
- des examens simples,
- ciblés,
- compréhensibles,
- directement exploitables.
Commencer par des panels complexes apporte rarement plus de clarté. exemple de Bilan simple
Au contraire, cela complique souvent la suite de la prise en charge.
Le coût, les compléments et l’automédication
Beaucoup de personnes dépensent déjà des sommes importantes en compléments alimentaires, souvent sous forme de multivitamines ou de complexes “santé”, pris sans indication précise.
Or, les données scientifiques montrent que :
- les compléments alimentaire doivent compléter l’alimentation , pas la remplacer.
- les formes utilisées ne sont pas toujours les plus adaptées pour l’absorption et peuvent donner des troubles intestinaux,
- le surdosage peut même être délétère
Résultat vous dépensez des sommes folles dans des complexes vendus en pharmacie ou en ligne et cela ne vous apporte aucun bénéfice concret. Pire encore vous empirez les symptômes.
Dans ce contexte, un bilan de base bien choisi peut permettre de :
- arrêter des compléments inutiles,
- cibler un ou deux axes réellement pertinents,
- et surtout de rééquilibrer votre alimentation en conséquence
En Suisse, selon les paramètres choisis, un bilan simple et ciblé représente généralement quelques centaines de francs. Certaines assurances complémentaire peuvent prendre en charge une partie.
Le bilan comme outil d’accompagnement
Un résultat biologique, seul, ne sert à rien.
Ce qui compte, c’est l’interprétation, la mise en lien avec le mode de vie et les décisions qui suivent : ajustements alimentaires, priorités, éventuelle supplémentation ciblée, puis réévaluation.
Lorsque c’est nécessaire, ce travail peut aussi se faire en collaboration avec le médecin.
Certains résultats sortent du cadre de l’accompagnement nutritionnel et nécessitent un avis ou un suivi médical complémentaire. Le bilan devient alors un support d’échange, chacun intervenant dans son champ de compétences.
Le bilan reste un outil important pour m’aider dans les suivis mais ce n’est pas une finalité.
Conclusion
Un bilan micronutritionnel n’est ni indispensable, ni automatique.
Il peut devenir pertinent lorsque les bases sont en place, que les progrès stagnent ou que certaines questions restent ouvertes.
Mon rôle n’est pas de multiplier les analyses, mais de vous accompagner de manière cohérente, progressive et proportionnée, en tenant compte de votre physiologie, de votre mode de vie et de votre réalité.
Pour aller plus loin
Fiche sur chaque micronutriment
https://ods.od.nih.gov/factsheets/list-VitaminsMinerals
Directives de l’OMS en matière d’activité physique
https://www.who.int/teams/health-promotion/physical-activity
Besoin nutritionnels en vitamines et minéraux



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